Budget général de l’Etat pour l’exercice 2024-2025 : Perspectives financières et orientations stratégiques

Le renforcement de l’autosuffisance alimentaire par la mise en place des centres agropoles ; la mise en commun des terres cultivables et le programme de subventions des fertilisants et des semences améliorées, telles sont les quelques projections sur base desquelles le budget général de l’Etat pour l’exercice 2024-2025 a été élaboré. Ce sont les propos du Ministre en charge des finances, du budget et de la planification économique lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale du 13 juin 2024. Monsieur Audace Niyonzima défendait le projet de loi portant fixation du budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2024-2025 qui s’élève à 4382,98 milliards de francs Burundi contre 3780,95 milliards de francs Burundi pour l’exercice précédent, soit une augmentation de 15,92%.

Adopté par cent (100) Députés sur cent dix-huit (118) votants, soit un taux de 84, 74%, ce projet de loi sous analyse contient d’autres activités stratégiques phares. Outre la diversification des exportations à travers la promotion des entreprises agro- industrielles et commerciales; le développement des secteurs de l’énergie, des mines et de l’artisanat, il y a aussi lieu de citer la poursuite des programmes de protection de l’environnement et de l’aménagement du territoire; le développement du partenariat régional et international; la modernisation de la gestion des finances publiques; la poursuite de la politique fiscale incitative pour les investissements dans les secteurs porteurs de croissance; le resserrement de la politique monétaire et la libéralisation de la politique de change.

Selon le Ministre Audace Niyonzima, ce projet de loi de finances poursuit les objectifs du document de la Vision « Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 » pour mieux répondre aux besoins de la population. Aussi indique-t-il que les objectifs d’allocation budgétaire de 2024-2025 se sont inspirés des enjeux et axes stratégiques du Plan National de Développement révisé (PND 2018-2027) à travers son programme d’actions prioritaires 2023-2027. Ainsi, poursuit-il, en termes d’allocations budgétaires, la priorité a été accordée aux cinq (5) piliers de la Vision, en l’occurrence l’engagement de l’Etat, l’efficacité économique, l’équité sociale, l’écologie et patrimoine, ainsi que le partenariat fluctueux.

Pour l’exécution efficace et efficiente du budget général de l’Etat pour l’exercice 2024-2025, pour la première fois, des projets annuels de performance accompagnent le projet de loi de finances. A cet effet, le projet annuel de performance (PAP) constitue une nouvelle approche de mesure de la performance dont l’intérêt se situe au moins à cinq (5) niveaux. En effet, pour le Parlement, le projet annuel de performance permet d’avoir une plus grande lisibilité budget et une meilleure transparence en qui a trait à son exécution et pouvoir agir sur les moyens alloués aux politiques publiques. Non seulement le PAP renforce la connaissance du citoyen sur l’utilisation des fonds publics, mais aussi garantit-il, pour l’usager, une administration qui répond mieux à ses besoins et qui renforce la qualité du service public. Pour le contribuable, il permet de vérifier que les impôts et taxes collectés sont utilisés le plus efficacement possible. Enfin, il permet au gestionnaire public d’avoir des objectifs clairs et priorisés dans son travail quotidien, et lui procure une plus grande marge de manœuvre dans la gestion au jour le jour.

Un autre nouvel apport du projet de loi a trait à la gestion efficace et efficiente des dépenses publiques. Parmi les mesures introduites à cet effet, les dépenses publiques désormais autorisées à être exécutées sont uniquement celles inscrites dans les plans de travail et budget annuel (PTBA) alignés à la nomenclature budgétaire harmonisée avec le plan comptable de l’Etat, l’optimisation des recettes fiscales à travers une mise en service généralisée du système électronique, les dépenses d’investissement pour les constructions sont exécutées par les ministères et les institutions qui les ont planifiées, et les crédits budgétaires y relatifs sont prévus et engagés sur les lignes budgétaires desdits ministères et institutions.