Pendant que certains crient à la pénurie des devises, des importations inondent le marché intérieur.
Autre paradoxe observé : La récolte du maïs est abondante mais il n’y a pas de preneurs, ou alors c’est à ce même moment que les prix montent au marché local.

Par ailleurs, la plénière a pointé du doigt certains fléaux qui handicapent l’économie nationale. Les Burundais sont champions en manœuvre informelle. Si les mêmes producteurs n’écoulent pas eux-mêmes en cachette la récolte vers les pays étrangers, il existe des hommes d’affaires qui le font à leur place.
D’une manière générale, force a été de constater que la citoyenneté est à l’épreuve. Le vol et la corruption sont désormais devenus le train de vie de la population. Le Gouvernement débloque le budget pour le paiement des caféiculteurs ou des théiculteurs, mais le petit peuple a du mal à percevoir le fruit de ses efforts, à telle enseigne que certains arrachent sciemment ces produits industriels pour les remplacer par des cultures vivrières. Or, d’aucuns savent que la production est parfois détournée par les gestionnaires des usines pour leur profit.
Cette situation a poussé la plénière à envisager des questions orales à l’endroit des ministres, en l’occurrence ceux en charge des finances, du commerce et des mines.
Ce consensus visant à inviter certains membres du Gouvernement à une séance des questions orales avec débat a également plaidé pour la Banque de la République du Burundi. L’aspect informel explique le retard de la banque centrale quant à la compilation des données des ministères sectoriels. Il n’est donc pas étonnant que le rapport annuel de cette banque, pour l’exercice 2024, soit analysé en 2026.

Les rapports de la Banque de la République du Burundi sur les indicateurs de la conjoncture économique de fin juillet à fin août 2025 font état d’une bonne amélioration dans divers secteurs d’activités, comme l’a souligné le Président de la commission permanente de la bonne gouvernance et de la privatisation. L’Honorable Célestin Niyonsaba a cité le cas de la production industrielle qui a connu une augmentation d’un exercice à l’autre. Néanmoins, d’un exercice à l’autre, l’inflation a continué sa progression même si on observe une légère accélération sur les mois de juillet et août 2025. Quant au déficit de la balance commerciale, il s’est de plus en plus creusé.