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UNE PRISE DE CONSCIENCE EN VUE DU CHANGEMENT DE MENTALITE S’IMPOSE
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La discipline budgétaire est le mot d’ordre du Gouvernement, mais sa matérialisation se heurte à beaucoup de barrières, a regretté, le mercredi 29 octobre 2025, le Ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique. Le Docteur Alain Ndikumana répondait aux questions orales avec débat relatives aux rapports de performance et d’exécution budgétaire des troisième et quatrième trimestres, exercice 2024-2025. Et de révéler un cas d’indiscipline notoire : les prévisions de dépenses au cours du quatrième trimestre, exercice 2024-2025, ont été dépassées à hauteur de 59 %.

Ministre Alain NdikumanaCette situation s’explique par le système de réallocation budgétaire alors que le budget en mode programme est déjà de mise. Les ministères sectoriels ont canalisé les dépenses du troisième trimestre au dernier trimestre de l’année budgétaire alors que la loi budgétaire précise que tous les engagements des dépenses se clôturent le 30 avril. D’autre part, le budget en mode programme veut que les moyens financiers soient débloqués au terme d’un travail exécuté dans un délai précis. Or, toutes ces injonctions sont sciemment transgressées par les ministères sectoriels qui se cramponnent au budget en mode moyen. Ils confondent la politique budgétaire et la politique monétaire. L’une des conséquences qui découlent de cet état de fait est le cumul des restes à payer dont le montant se chiffre à quatre cents (400) milliards de francs Burundi, alors que le budget avait prévu une petite somme.

Pourtant, il existe une voie de sortie pour contrecarrer cette indiscipline budgétaire. Le Bureau d’Études Stratégiques et de Développement à la Présidence de la République est censé contrôler que le budget est dirigé à bon port. Mais il est décrié par les gestionnaires des crédits qui ne le reconnaissent pas. Une loi régissant ce mécanisme de contrôle et de vérification devrait être initiée.

Selon l’Envoyé du Gouvernement, les prévisions des dépenses au cours du troisième trimestre, exercice 2024-2025 étaient de mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf (1 499) milliards de francs Burundi, mais les dépenses ont atteint un milliard six cent quarante-deux (1 642) milliards de francs Burundi, soit un taux de dépassement de 9,7 %. Les recettes perçues se chiffraient à six cent quatre-vingt-quinze (695) milliards de francs Burundi contre les sept cent dix-huit (718) milliards de francs Burundi prévus.

Des mesures coercitives devraient être arrêtées pour contraindre tous ceux qui violent la loi, a souligné le Président de l’Assemblée nationale. Le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe a en effet paraphrasé Nelson Mandela qui a dit qu’« Une loi qui ne punit pas est une loi qui n’est jamais appliquée ».

Pour le quatrième trimestre de l’exercice 2024-2025, alors que les prévisions des recettes s’élevaient à six cent cinquante-cinq (655) milliards de francs Burundi, elles ont atteint six cent quatre-vingt-quinze (695) milliards de francs Burundi, soit un taux d’accroissement de six pour cent (6 %). Quant aux dépenses, elles ont atteint un milliard six cent dix-neuf (1 619) milliards de francs Burundi contre le milliard seize (1 016) milliards de francs Burundi prévus, soit un taux de dépassement de cinquante-neuf pour cent (59 %).

Les dépenses sont dues aux travaux d’investissement dont la construction des bâtiments administratifs, en l’occurrence les zones, dans le cadre du nouveau découpage administratif, et la réhabilitation des établissements scolaires et des structures de santé. D’autres dépenses ont été engagées dans le cadre du paiement des factures de la politique de la gratuité des soins des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes.

Le Docteur Alain Ndikumana a au passage émis le souhait de revoir cette politique budgétivore, en l’occurrence celle relative à la gratuité des soins de santé des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes, la subvention des fertilisants et des produits phytosanitaires, ainsi que les exonérations qui occasionnent des manques à gagner au Gouvernement.

Session parlementaireLes Honorables Députés ont voulu s’enquérir du contrôle des jus ou des boissons alcoolisées qui inondent le marché local. Le Ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique a décrié cette concurrence déloyale de la Brarudi. Non seulement le Gouvernement du Burundi a quarante pour cent (40 %) des actions à la Brarudi, mais aussi cette entreprise est le premier grand contribuable du pays. Ce combat appelle tout le monde. Fruits de la fraude, ces boissons qui portent atteinte à la santé échappent aussi aux impôts et taxes.

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