Les affaires socio-économiques à la base incombent aux chefs collinaires qui n’ont nullement le droit de régler les conflits. Ce soin est réservé aux médiateurs collinaires, a tranché le mercredi 28 janvier 2026 l’Ombudsman de la République du Burundi. Madame Aimée-Laurentine Kanyana, qui présentait le rapport annuel de son institution pour la période de novembre 2024 au 22 novembre 2025, en a d’emblée appelé au civisme de tout un chacun quant à la gestion de sa cité.
Elle réagissait en effet aux préoccupations des Honorables Députés qui plaidaient pour les médiateurs collinaires. Outre leur maigre salaire, ces médiateurs n’ont pas d’outils de travail, en l’occurrence des stylos à bille, des registres, des imperméables ni des bottines. Qui pis est, ils n’ont pas où caser leurs piles de papiers qui s’abîmaient dès que la pluie tombait.
Pour l’oratrice du jour, c’est un petit problème qui doit être réglé par la communauté à la base. Il suffit que le chef administratif organise ses administrés. Quant à l’abri, une étagère placée dans l’un ou l’autre bureau remédierait immédiatement à la situation.
Il en est de même pour les personnes lésées au terme de leur jugement, ou encore pour les personnes injustement incarcérées. Si seulement la communauté d’origine inventoriait les cas, les solutions seraient vite trouvées.
Au sujet de l’engagement de l’Institution de l’Ombudsman vis-à-vis de la double vision 2040-2060, elle a avoué qu’elle a fait sienne la sensibilisation de la population. Les effets seront palpables dans un avenir très proche.
À titre illustratif, la population devrait être fière de payer les taxes et impôts au lieu de s’adonner à la fraude. Même les fonctionnaires de l’État ont été ciblés. Force a en effet été de constater qu’il y en a qui ne sont pas au courant de l’existence de la banque des jeunes et de celle des femmes.
Concernant les Burundais emprisonnés dans les pays étrangers, notamment en Tanzanie, en Zambie et aux Émirats Arabes Unis, cette institution est prête à collaborer, pourvu que leurs familles fournissent les identifications complètes.
Tout en déclarant bonne réception du rapport de l’Institution de l’Ombudsman du Burundi, le Président de l’Assemblée nationale a souligné que les missions de cet organe de médiation ne sont pas bien tracées, à l’instar d’ailleurs de tous les conseils spécialisés issus de l’Accord de paix et de réconciliation signé à Arusha, communément appelé Accord d’Arusha. À titre d’exemple, le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe a démontré combien cette institution, qui ne dispose d’aucun psychologue ni psychiatre, est incapable de résoudre les conflits basés sur les violences.
En outre, a-t-il enchaîné, les Honorables Députés vouent un rôle d’exécution à l’Institution de l’Ombudsman, alors que son véritable rôle se limite à la médiation. Il les a alors informés du modèle de l’Égypte, qui a confié les différents conseils à l’Inspection générale de l’État. Chaque conseil s’occupe alors d’une mission bien définie. Il a enfin soumis ce débat à la plénière qui devra faire un choix.