Le déficit global du projet de budget général de l’État modifié pour l’exercice 2025-2026 se chiffre à 347,9 milliards de BIF contre 436,8 milliards de BIF dans le budget initial. Le ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, l’a annoncé ce mercredi 24 décembre 2025 devant l’Assemblée nationale lors de la séance dédiée à l’analyse et à l’adoption du projet de loi portant modification de la loi portant fixation du budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2025/2026. Cette baisse du déficit résulte de l’augmentation des ressources générales de l’État qui passent de 4 821,8 milliards à 5 004 milliards de BIF pour ce projet de budget général modifié, soit une hausse de 3,8 %, tandis que les dépenses s’élèvent à 5 352 contre 5 258,6 milliards de BIF, soit une progression de 2,1 %.
Selon toujours le ministre Alain Ndikumana, la modification de la loi des finances de l’État pour l’exercice 2025-2026 trouve sa motivation dans le souci du Gouvernement de mettre en œuvre la réforme administrative visant la décentralisation et la déconcentration des services de l’État en vue de les rapprocher des citoyens. En outre, la mise en œuvre de certaines lois affecte l’exécution du budget de l’État, ce qui nécessite donc des ajustements. C’est en l’occurrence le cas pour la loi en rapport avec le nouveau découpage administratif du Burundi, la loi portant réorganisation de l’administration communale et le décret portant modification du décret portant structure, fonctionnement et missions du Gouvernement du Burundi, ainsi que la mise en place de treize nouveaux décrets portant organisation, missions et fonctionnement de 13 ministères.
Par ailleurs, ce projet de loi des finances révisé vient consolider les acquis de la réforme du budget-programme en cours, en permettant une revue des objectifs et des indicateurs de performance et de résultats, mais également dans le souci de se conformer à la nouvelle restructuration du Gouvernement et à la nouvelle réorganisation de l’administration provinciale. Une prévision de croissance économique à hauteur de 4,6 % est donc prévue, contre celle de 4,1 % estimée pendant l’exercice 2024-2025.
Ainsi, de nouvelles dispositions sont introduites pour élargir l’assiette fiscale et augmenter la trésorerie de l’État. C’est notamment :
- L’interdiction pour les attributaires de marchés publics d’importer des fournitures disponibles sur le marché local ;
- L’introduction d’une surtaxe de 10 % sur la valeur en douane de l’alcool éthylique afin de réduire l’importation de ce produit et augmenter les recettes ;
- Une surtaxe de 10 % sur les importations de fer à béton (diamètre entre 8 et 32 mm) ;
- La mise en place d’un système de remboursement du prêt-bourse par les étudiants boursiers lors de leur cursus académique ;
- L’obligation pour toute société dont l’État est le seul actionnaire d’affecter son bénéfice net dans un délai de trente jours après la déclaration d’impôt.
Toujours dans le cadre de l’augmentation des recettes, toutes les sociétés coopératives d’exploitation minière sont tenues de transmettre leurs adresses physiques, leurs productions et recettes mensuelles. Quant aux titulaires de titres fonciers, ils doivent souscrire au nouveau format de titre foncier électronique, moyennant le paiement d’un certain montant. Des recettes seront également récoltées sur les jeux de hasard.
Concernant la gestion des dépenses de l’État, des activités jugées non prioritaires ont été supprimées pour laisser place à des dépenses d’investissement d’une importance notable pour la vie des citoyens. On peut citer entre autres :
- La recherche dans l’exploitation minière ;
- La disponibilisation des intrants agricoles ;
- Le décaissement des parts de l’État pour les travaux de reconstruction de l’ex-marché central de Bujumbura ;
- Le financement de la construction des bureaux provinciaux à Burunga, Buhumuza et Gitega ;
- La contribution pour le bien-être et la ration des agents de police ;
- L’achat de 30 nouveaux bus pour l’OTRACO.
En plus, a annoncé le ministre en charge des Finances, le régime des pensions des retraités sera mis à jour par une augmentation de 60 % pour se conformer à la volonté de Son Excellence le Président de la République.

Selon le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe, la tendance vers la vision 2040-2060 est remarquable compte tenu des éclaircissements émis par le ministre Alain Ndikumana.
Après analyse
, ce projet de loi a été adopté à l’unanimité.