Le parlement du Burundi a organisé, en collaboration avec l’UNICEF, en date du 2 au 4 décembre 2025, dans la capitale politique Gitega, un atelier de renforcement des capacités à l’endroit des parlementaires membres des commissions permanentes en charge des finances, sur la présentation et l’analyse de la loi de finances, sensible aux secteurs sociaux.
Cette formation, animée par divers experts, portait sur l’élaboration, l’analyse et la mise en œuvre du budget de l’Etat. Les participants ont également été formés sur la comptabilité et au contrôle de l’utilisation des fonds publics, et ont réfléchi collectivement aux mesures à prendre pour réduire le déficit budgétaire.
Les parlementaires ont souligné l’utilité de cette formation dans leur travail quotidien de représentants du peuple.

Ils ont également insisté sur le rôle essentiel de tout un chacun dans la mise en œuvre des priorités gouvernementales et ont exhorté l’exécutif à développer des projets répondant aux besoins des citoyens et ayant plus de chances d’être réalisés. Les citoyens sont, quant à eux, invités à s’impliquer activement dans le travail assidu et le suivi de ces projets ainsi qu’à signaler tout détournement de fonds publics.

Lors de la clôture de cet atelier, les parlementaires ont émis des recommandations suivantes:
- Réviser le décret N°100/255 du 18/10/2011 portant règlement général de gestion des budgets publics pour l’adapter aux réformes en cours ;
- Renforcer les mécanismes de sanctions pour les mauvais gestionnaires des crédits ;
- Accélérer le processus de digitalisation des finances publiques pour permettre l’interfaçage entre les données de l’administration centrale et les collectivités locales ;
- Le parlement est invité à s’impliquer davantage dans la planification et suivi-évaluation des politiques publiques ;
- Faire une étude complète sur l’impact chiffré des exonérations déjà accordées depuis (2020-2025) ;
- Intégrer au niveau de la nomenclature budgétaire, le code montrant la liaison entre la planification et la budgétisation dans la mise en œuvre des objectifs du Plan National de Développement (PND) 2018-2027 révisé et de la vision « 2040 pays émergent et 2060 pays développé » dans le système informatique opérationnalisant le mode budget programme ;
- Faire une planification réalisable et réaliste avec un calendrier opérationnel à l’appui (lors de l’élaboration du budget) afin de diminuer le déficit budgétaire ;
- Faire l’échange d’expérience avec les pays qui ont réussi à réduire le déficit budgétaire ;
- Tirer l’attention sur les nouvelles mesures fiscales pour que cela ne pèse pas beaucoup sur la population bien que ces dernières constituent une des voies pour réduire le déficit budgétaire;
- Identifier les secteurs informels à fiscaliser pour élargir l’assiette fiscale ;
- Mettre en place un système permettant d’identifier toutes les quantités produites par différentes industries locales afin d’imposer tous les produits ;
- Multiplier les descentes sur terrain pour vérifier si tous les projets planifiés dans différents ministères sont en cours ou déjà terminés ;
- Accélérer le processus de mise en œuvre de la composante « digitalisation des finances publiques » du projet PAFEN afin d’avoir un système intégré de gestion des finances publiques performant ;
- Mener les consultations les plus larges auprès de la population et des secteurs concernés afin de faire une planification qui tient compte des priorités avant de rédiger la lettre de cadrage.
Le représentant de l’UNICEF a réitéré l’engagement de l’organisation onusienne à soutenir le gouvernement du Burundi dans la mise en œuvre des projets de développement, surtout la vision du Burundi « pays émergent en 2040 et développé en 2060 ».