Sur les 830 ECOFO nécessaires l’an passé, le pays en a construit 117 sur financement de l’UNICEF, a commenté jeudi 17 janvier 2019 le Ministre de l’Education, de l’Enseignement Technique et Professionnel. Le Docteur Janvière NDIRAHISHA qui s’exprimait au cours d’une séance de questions orales avec débat a expliqué qu’aucune rubrique n’est prévue pour la construction des écoles dans le budget alloué à son ministère. Elle a alors imploré les Députés de revoir ce budget à la hausse pour cette fin.
Les Députés avaient suivi en premier temps la restitution du rapport de la descente de la Commission de l’Education, de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, de la Culture et de la Communication dans tout le pays pour se rendre compte de l’état des lieux de la rentrée scolaire et des retombées de nouvelles règlementations scolaires relatives à l’enseignement de base, secondaire général et technique.
Un tableau alarmant ! C’est le cas de le dire eu égard à la présentation de l’Honorable Gloriose NIMENYA. Les salles de classes sont archi-comble à telle enseigne que les bancs-pupitres se trouvent en nombre insuffisant. Elle prend pour témoignages l’ECOFO de Mirango I à Kamenge en Mairie de Bujumbura où les élèves s’asseyent à même le sol et l’ECOFO de Mukungu II à Nyanza-Lac en province de Makamba où les élèves s’asseyent sur des pierres. A côté de ce surnombre existent d’autres défis dont l’insuffisance des enseignants en effectif et en qualification, le manque de matériel didactique avec l’exemple d’un fichier qui sert deux classes, le manque de matériel scolaire comme l’illustre le cas d’un seul livre que 60 élèves se partagent.
Face à cette situation, les Députés ont réclamé les états généraux de l’éducation. Le projet est en cours d’analyse, a rassuré l’Envoyée du Gouvernement qui sollicite en outre le concours de tout citoyen pour contrer ces défis.
Par ailleurs, les nouvelles réglementations n’ont pas été bien accueillies par les destinataires. La hausse du minerval pour les écoles à régime d’internat frappe les élèves issus du petit peuple. Ils préfèrent abandonner l’internat et sollicitent plutôt un transfert pour les écoles proches de leur domicile, ce qui affecte la qualité de l’enseignement, ont déploré les Députés qui ont aussi décrié la ségrégation qui se manifeste au niveau des sections. Les élèves qui fréquentent la section des sciences et techniques sont admis à l’internat, faveur refusée à ceux de la section des langues. Les Elus du peuple ont alors proposé de tenir en compte d’un critère jugé objectif, à savoir la note obtenue.
La plénière a également émis des doutes à propos de la mesure du ministère qui va dorénavant approvisionner toutes les écoles à régime d’internat. Pour eux, la raison de surfacture avancée par le Ministre de tutelle ne tient pas. Le problème réside plutôt au niveau du paiement tardif. Pour redresser la situation, le Ministère devrait s’acquitter de la dette des fournisseurs dans les plus brefs délais possibles. Il serait aussi mieux de négocier au préalable les prix à la moyenne. Le marché devrait aussi ouvert à tout le monde. Toutefois, ont-ils nuancé, si un produit est abondant dans la région où l’école est implantée, les fournisseurs du coin seraient privilégiés, histoire de contribuer au développement du milieu. La plénière a par ailleurs encouragé le système de cantines scolaires qui s’est avéré efficace alors que le Gouvernement n’intervient pas.
Au moment où certains Députés ont prôné la politique de limitation des naissances pour l’enseignement de qualité, d’autres ont démontré comment mettre à profit cette surpopulation, étant donné que certains pays affrontent le défi de sous-peuplement.
Les écoles de métiers connaissent un problème criant de manque de matériel alors que ce même matériel en surnombre se trouve dans les stocks de l’Ecole des Métiers de Kigobe érigée sous convention sino-burundaise. La plénière plaide pour un partage équitable.