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Questions Orales avec débat à l’endroit de deux Membres du Gouvernement.

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Le Gouvernement devrait être le régulateur en matière du commerce du sucre et du carburant. Cette recommandation au Gouvernement a été émise par les Honorables Députés au cours de la séance plénière de mardi 25 avril 2017 réservée aux questions orales avec débat à l’endroit de deux Ministres, celle du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme et celui de l’Énergie et des Mines.

Tout en reconnaissant le déséquilibre réel entre l’offre et la demande pour ces deux produits sensibles, les Représentants du peuple ont démontré qu’il demeure une anguille sous roche. Comment expliquer que le sucre produit localement devienne rare à telle enseigne que le prix atteigne dans certains coins du pays le double du prix officiel ? Où sont passés les inspecteurs qui détenaient les cartes d’OPJ ? Qui a droit de s’approvisionner auprès de la SOSUMO ? ont-ils interrogé.

Pour la Ministre Pélate NIYONKURU, la Société Sucrière du Moso, SOSUMO en sigle, ne peut pas être comparée aux autres entreprises publiques comme la BRARUDI et le SAVONOR. Sur une période de six mois, la SOSUMO moud le sucre qui servira une année alors que la BRARUDI et le SAVONOR produisent journellement. Sinon, a-t-elle nuancé les points de vente existent dans les quatre régions.

La SOSUMO, à sa création en 1980 desservait environ trois millions de personnes alors qu’actuellement la population burundaise atteint 10 millions. Quant aux inspecteurs qui jouaient l’office d’OPJ, ils n’ont plus les moyens de se déplacer avec l’instauration de la politique du Charroi zéro. Elle a aussi précisé que tous les grossistes ne se ravitaillent pas directement à la SOSUMO. Certains se dirigent vers les points de vente.

Le sucre produit par la SOSUMO est consommé localement, la SOSUMO n’exporte pas à l’extérieur, a-t-elle déclaré avant d’en appeler au devoir civique de tout un chacun de sévir à l’endroit de tout spéculateur qui vendrait le sucre à l’étranger. S’il est vrai que le sucre soit exporté à l’étranger, ce sera l’œuvre de gros poissons qui ne peuvent pas être appréhendés par un simple citoyen, a averti la plénière qui a même démontré l’amalgame qui entoure la commercialisation du sucre. Les stocks de la SOSUMO sont pleins de sucre, comme ils l’ont eux-mêmes constaté, alors que, paradoxalement, les marchés sont vides. Au lieu de confier la liste des détaillants à l’administration de base qui les côtoie quotidiennement, cette liste est logée au cabinet du Gouverneur de province, ce qui attire le clientélisme. A côté de ce manquement, les Représentants du peuple ont aussi relevé le désaccord entre la SOSUMO qui affirme délivrer cinq tonnes à des commerçants qui, de leur part, avouent réceptionner une et une seule tonne. Où vont les quatre tonnes ?, ont-ils demandé.

Au sujet du carburant, le Ministre de l’Energie et des Mines a d’abord fourni des éclaircissements à propos des files d’attente qui s’observent devant les stations-services. Le carburant est importé de l’étranger, a rappelé l’Ingénieur Côme MANIRAKIZA qui a précisé que chaque importateur doit d’abord demandé l’aval du Ministère de l’Energie et des Mines. Le grossiste qui manifeste la volonté d’importer le carburant entre en contact avec la Banque centrale qui approche à son tour sa banque commerciale pour convertir la monnaie locale de l’importateur en devises par le système du crédoc, entendez par là, le crédit documentaire. Ce transfert est possible si et seulement si la valeur en monnaie locale est égale à celle des devises, a-t-il nuancé avant de signaler qu’il y en a ceux dont les comptes ne sont même pas alimenté en monnaie locale, alors qu’ils voulaient avoir des devises. Ce cas s’est manifesté pour trois importateurs parmi les onze qui figuraient sur la liste.

Le Ministre de l’Energie et des Mines a aussi confié que le Gouvernement octroyait ces fonds selon ses moyens sans évaluer préalablement les importateurs. Par la suite, a-t-il ajouté, le Gouvernement a mis sur pied une commission composée des agents du Ministère de l’Energie et des Mines, ceux du Ministère ayant en charge le Commerce, ainsi que ceux de la Banque centrale et de l’OBR. De commun accord, la Commission et les importateurs du carburant se sont convenus d’évaluer sur la période allant du 1er janvier 2014 à fin août 2017. Parmi les huit importateurs, le coût du carburant importé dépassait de loin la valeur des devises encaissées. L’inverse s’est observé pour les deux autres importateurs qui ont reçu l’injonction de continuer à importer du carburant sans compter sur les devises. Une compagnie s’est désistée, l’IMATCHO, emportant un montant estimé à plus d’1,200 million de dollars américains. Le Gouvernement projette porter l’affaire devant la justice, a-t-il insisté.

Selon le Membre du Gouvernement, certaines compagnies, surtout étrangères, dont le coût du carburant importé dépassait la valeur des devises encaissées ont manifesté une réticence. A côté de cette situation, l’Ingénieur Côme MANIRAKIZA a également signalé la concurrence des marchés à laquelle se sont lancés les importateurs de carburant qui ont signé en cascade des contrats avec les stations-services. Parmi les clauses du contrat figurait une qui interdisait la station-service de s’approvisionner ailleurs.

Apparemment, il n’a pas convaincu les Honorables Députés qui lui ont conseillé de chercher le nœud du problème ailleurs. Ils ont plutôt conseillé de conjuguer les efforts pour attraper les spéculateurs.

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