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Assemblée Nationale du Burundi

Le Président de l’Assemblée nationale à la tête des cérémonies de célébration de la Fête Internationale du Travail et des Travailleurs à Gitega.

 

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Le personnel de l’Assemblée nationale pendant le défilé

Le Gouvernement désormais suivra de près les cotisations des fonctionnaires de l’Etat dans les institutions de sécurité sociale dont l’INSS et l’ONPR, a tranché le Président de l’Assemblée nationale qui dirigeait les cérémonies marquant la Fête Internationale du Travail et des Travailleurs à Gitega samedi, le 1er mai 2021, sous le thème national « Retroussons les manches. Travaillons en synergie pour combattre la pauvreté ». Un long défilé y compris le personnel de l’Assemblée nationale a ouvert les festivités qui étaient ponctuées par des clubs culturels dont celui de l’Assemblée nationale aussi. Le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe, qui n’en revenait pas, réagissait à l’inquiétude du Représentant de la COSYBU à Gitega qui criait à la faillite imminente de l’INSS si rien n’est fait dans l’immédiat.

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Le Président de l’Assemblée nationale, le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe, prononce le discours.

Les cotisations mensuelles des fonctionnaires de l’Etat à l’INSS ou à l’ONPR sont leurs fonds propres, a tranché le Numéro Deux Burundais avant de démontrer que ces institutions gèrent ces fonds qui devraient en principe générer des bénéfices au terme de la carrière de leurs propriétaires. Comment expliquer la banqueroute de telles instances quand on sait que tous les fonctionnaires de l’Etat n’achèvent pas leur service au même moment ?, a-t-il interrogé en assurant un parallélisme avec les cotisations mensuelles des membres des syndicats. Et si ces derniers poursuivraient au jour le jour la destination de ces fonds ? Pourquoi leurs leaders les incitent-ils à la grève ?, a-t-il enchaîné avant de donner la réponse à cette série de questions. C’est uniquement pour les distraire ! Sous les autres cieux, durant la période de grève, ce sont les syndicats qui se chargent d’eux, a-t-il commenté. Ils ne doivent pas prétendre aux rémunérations alors qu’ils n’ont pas exercé leurs fonctions.

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Monsieur Michel Turibamwe, Représentant de la Cosybu à Gitega

Sur le même registre de ces institutions de sécurité sociale, le Représentant de la COSYBU a proposé de séparer les hommes en uniforme des civils du secteur public. L’exercice ou les risques des fonctions des premiers diffèrent des autres catégories de fonctionnaires, a argumenté monsieur Michel Turibamwe, qui conseille d’opérer cette séparation concomitamment avec le projet de majorer la pension.

Il a aussi apprécié la transparence qui a caractérisé le recrutement dans les secteurs éducatif et de santé. Et d’encourager les autres services publics de leur emboîter le pas. Il n’a pas manqué de louer la mesure de prendre uniquement en compte la note obtenue à l’examen d’Etat. Mais il a conseillé la prudence de la mise en application de la politique de redéploiement du moment qu’il s’observe des fois la pratique de déshabiller Saint-Pierre pour habiller Saint-Paul.

Néanmoins, monsieur Michel Turibamwe réclame toujours la restauration des annales comme c’était convenu il y a de cela deux ans déjà. Les retraités devraient recouvrer les arrières de ces annales qui leur causent un manque à gagner de leur pension à hauteur de 50%. Il a aussi déploré la reprise en main par Gouvernement du secteur du café qui a déversé dans la rue certains employés notamment ceux de la Sodeco.

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Monsieur Dieudonné Ndayihereye, Représentant des employeurs

Quant au Représentant des employeurs, il a souhaité que le raccordement en courant électrique passe de 13 à 50% d’ici 7 ans. Monsieur Dieudonné Ndayihereye a aussi encouragé les hommes d’affaires à épauler dans la transparence en cette matière. Les devises devraient aussi être vulgarisées dans le pays mais surtout être accessibles aux importateurs.

Il a en outre espéré la promotion des écoles techniques avec du personnel et du matériel didactique approprié dont les laboratoires. Il a aussi encouragé les différents services à réserver un accueil chaleureux aux stagiaires. Il a aussi exhorté le Gouvernement de surveiller les médicaments à leur importation et leur vente dans les pharmacies à un prix accessible au petit peuple.

Cependant, il a regretté l’attitude de certains fonctionnaires du secteur public qui lèsent le Gouvernement en s’adonnant au commerce au détriment de leur service mais surtout en lui causant un énorme manque à gagner à cause de la concurrence déloyale qu’ils gagnent à tout prix compte tenu de leur statut professionnel.

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En pagne bleu, les commerçants du Marché central de Gitega suivent le déroulement des festivités.

De son côté, le Président de l’Assemblée nationale a de prime abord précisé qu’il est porteur du message du Président de la République. De sa part, le Numéro Un de l’Exécutif Burundais a souhaité une bonne fête à tous les travailleurs. Qu’il soit une occasion de prendre conscience de l’importance du Travail et d’analyser les opportunités de créer des emplois pour que les travailleurs soient à l’œuvre pour leur survie mais aussi pour le développement du pays. C’est notamment, a-t-il illustré, ceux qui se sont regroupés en sociétés coopératives et d’autres qui ont implanté des unités de transformation des cultures locales. Ils renflouent les caisses de l’Etat grâce au paiement des impôts et taxes, s’est-il réjoui.

C’est aussi une occasion de lancer une évaluation. Cette année écoulée, avons-nous progressé ? Avons-nous fait une marche sur place ? Ou alors, avons-nous dégringolé ? Le Chef de l’Etat est conscient de l’avancée de certains et du recul des autres. Mais aussi il y en a qui n’ont rien à dire. Ce sont des fainéants qui n’ont pas de place lors du rassemblement des travailleurs. Il salue la commission du dialogue social qui regroupe les syndicalistes et les employeurs pour l’entente et la clairvoyance qu’ils affichent lors de la résolution d’une mésentente éventuelle.

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Vue de la tribune d’honneur

Cependant, le Président de la Chambre basse du Parlement burundais n’a pas apprécié le discours-fleuve du Représentant de la COSYBU alors que la veille le Chef de l’Etat les avait rencontrés. Quelques doléances avaient trouvé un terrain d’entente, il n’en doute pas. Aussi, s’est-il étonné du retour de ces dossiers. Au cours de ce regard rétrospectif, a-t-il encore suggéré, le Syndicaliste devrait révéler les points qui ont été résolus et le degré d’achèvement des autres.

Par ailleurs, le Numéro Deux Burundais a fait une mise au point. Il n’y a pas pénurie de devises au Burundi. Elles ne sont pas suffisantes, certes, a-t-il reconnu avant d’insister qu’elles sont affectées aux domaines sensibles pour le développement du Pays comme l’agriculture et l’élevage que le pays a érigés aux pôles de développement. D’autres secteurs sensibles comme celui des médicaments bénéficient aussi de cet avantage, a-t-il ajouté.

A propos de la majoration des salaires, le Très Honorable Gelase Daniel Ndabirabe a révélé que le préalable est le gonflement de l’assiette fiscale qui se traduit par le paiement des taxes et impôts. Avant de lancer ce défi, a-t-il conseillé, il sied de se rappeler que les fonctionnaires de l’Etat exercent des services publics et donc, du peuple. Aussi, le dialogue entre le Gouvernement et les fonctionnaires de l’Etat est-il paradoxal, a-t-il démontré en expliquant que le fonctionnaire de l’Etat ne perçoit pas de salaire mais une contribution pour n’avoir pas vaqué à ses propres occupations. En d’autres termes, a-t-il poursuivi, le mieux serait de se demander d’abord les services rendus à la population pour lui réclamer en retour cette augmentation de salaire. En tant que le peuple que nous sommes, nous, les fonctionnaires de l’Etat, avons la latitude de nous évaluer, a-t-il confié avant d’expliquer l’appellation du Gouvernement laborieux. Le peuple, a-t-il illustré, paie les taxes et impôts qui génèrent des bénéfices dont la finalité est l’amélioration de son bien-être. C’est, a-t-il déduit, la raison d’être de la vision du pays selon laquelle le développement qui émane du peuple revient à ce même peuple.

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La troupe culturelle de l’Assemblée nationale s’exhibe.



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