Assemblée Nationale du Burundi

 

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Réunion du Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale avec les élus des communes de Bururi, Rutovu et Songa à Bururi

Publié lundi 22 mars 2021
parChristine Nahimana

Personne n’est au-dessus de la loi, a proclamé haut et fort le Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale. L’Honorable Abel Gashatsi réagissait jeudi 18 mars 2021aux préoccupations du Chef de Cabinet du Gouverneur de la province de Bururi. Monsieur Juvent Ndayikeza s’inscrivait en faux contre les soi-disant « personnes d’en haut » qui s’ingèrent dans le domaine judiciaire. C’était au cours de la réunion que l’Honorable Abel Gashatsi a organisée à l’endroit des élus du peuple des communes de Bururi, Songa et Rutovu. Cet entretien qui s’est déroulé au chef-lieu de la province de Bururi constitue la première phase d’une série de rencontres que le Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, à la tête d’une délégation des parlementaires de cette circonscription, a prévues en province de Bururi.

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Le Panel :
Au milieu, le Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, à sa droite, le Chef de Cabinet du Gouverneur de Bururi, à sa gauche, l’Administrateur de la commune de Bururi.

L’Administratif de Bururi s’est souvenu de deux cas de flagrance en guise d’illustrations de ses propos. D’abord le dossier qui a même semé l’insécurité au chef-lieu de la province de Bururi, étant donné que les forces de l’ordre et la population se sont affrontés. C’est celui de monsieur Jacques Pere contre son détenu de fils, monsieur Jean-Claude Ndayikengurukiye. Tout le monde, du petit peuple du voisinage à l’administration provinciale, est convaincu de l’innocence de ce dernier. Malgré tout, il est sous les verrous. Explication : quelqu’un d’en haut a intimé l’ordre de le maintenir en prison.

Ensuite, trois frères de mêmes père et mère se disputent des lopins de terre en commune de Rutovu. Un professeur dans une université d’un pays européen veut « chasser » de la propriété familiale ses deux paysans de frères. Alors que le jugement demeure pendu en justice, l’intellectuel achevé aurait amené les juristes pour vérification du jugement avant son exécution. Dans l’entre-temps, les deux frères ont déjà séjourné en prison à cinq reprises.

Pour le Deuxième Vice-président de l’ Assemblée nationale, si un tel honore les ordres venus d’en haut, il faudra qu’il identifie cette personne au sommet. Il n’y parviendra, a juré l’Honorable Abel Gashatsi comme pour montrer que ce sont des prétextes des hommes de la loi qui violent le code d’éthique et de déontologie en s’adonnant à la corruption. Et de conseiller d’approcher le Procureur Général de la République et le Ministre ayant en charge la justice.

L’Hôte de marque avait de prime abord annoncé l’objet de sa visite, à savoir, échanger avec la population qui les a mandatés. D’aucuns croient, à tort, que les vacances parlementaires sont le moment de se reposer. Loin de là, a-t-il démystifié en signalant que c’est plutôt un changement d’activités. Et de préciser justement les trois missions dévolues à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire le vote de lois, le contrôle de l’action gouvernementale et la représentativité. Ils sont donc en train de s’acquitter de ce noble devoir de représenter le peuple, a-t-il déduit en insistant que la condition sine qua non d’abattre tout ce travail est la paix qui va de pair avec la sécurité.

Par ailleurs, l’Honorable Abel Gshatsi a aussi parlé de la séparation des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire qui travaillent en harmonie.

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Vue partielle des participants à la réunion

La justice est un pilier incontournable d’un Etat de droit. Aucun pays ne peut atteindre la cap du développement quand les juges sont corrompus, a-t-il regretté en déplorant le cas des juges qui soutirent de l’argent au petit peuple alors qu’ils sont rémunérés à chaque fin du mois. Certes, a-t-il reconnu, la province de Bururi regorge d’établissements scolaires de par le passé, mais faut-il encore que ces écoles soient de qualité. Les parents devraient aussi suivre de près la formation des enfants en « surveillant » les enseignants.

Parlant de l’agriculture, de l’élevage et de l’environnement, l’Honorable Abel Gashatsi s’est réjoui de la particularité du Burundi où le petit peuple vit de ses cultures alors qu’il ne possède aucun sous dans sa poche. Il a aussi espéré qu’il n’existe aucun ménage qui ne possède d’arbre fruitier dans son domaine ou de bétail. Il a en outre recommandé d’améliorer le rendement en adhérant à des coopératives. Les usines de transformation sont des moyens sûrs de renflouer les poches, a-t-il signalé en rappelant aussi l’utilité des courbes de niveau. Il n’a pas manqué de parler de la pandémie du coronavirus. L’hygiène est impérative, a-t-il recommandé en conseillant aussi de suivre les mesures barrières.

En guise de compléments au Visiteur de marque, le Sénateur Ernest Nahimana a invité tout natif de Bururi en général et les agents du domaine judiciaire en particulier de faire leur mea-culpa. La honte se lit aujourd’hui sur tout natif de Bururi à telle enseigne qu’il est difficile de déclarer sa provenance, alors que dans le temps la province de Bururi qui a longtemps dirigé le pays faisait la fierté de ses ressortissants, a-t-il commenté en proposant des voies de sortie. Dorénavant, a-t-il conseillé, aucun originaire de Bururi ne doit pas être spectateur ni avoir peur de dénoncer ce qui va mal.

Dans le domaine agricole, il a conseillé aux agronomes ou moniteurs agricoles de prêcher par l’exemple en étant des modèles.

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Un participant à la réunion s’exprime.

C’est quasiment impossible, a réagi un des interpellés qui a démontré que cette catégorie de fonctionnaires est rayée d’office de la liste des bénéficiaires des projets, car, dit-on, le Gouvernement ne peut pas à la fois rémunérer et aider cette catégorie de fonctionnaires alors qu’elle ne peut s’aventurer dans ce genre de projet à cause de son maigre salaire. Le bagage intellectuel, ils en ont mais les moyens financiers ne suivent pas. Pour pallier à ce défi, le mieux est de changer de mentalité. Associer d’abord le moniteur agricole pour qu’il applique ce qu’il a appris. Le système des paddocs a calmé certains esprits qui avaient des réticences en matière de stabulation permanente, a-t-il informé. Un autre participant a fustigé le prestige dont jouissait dans le temps tout natif de Bururi, alors que le petit peuple croupissait dans la misère. Il a même recommandé un recensement de l’habitat avant de parier que ce coin du pays viendrait en tête dans le classement des provinces dont l’habitation est en paille.

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L’Honorable Abel GASHATSI suggère quelques techniques de travail aux membres de l’association CAFOP.

Après cette rencontre, la Délégation des Parlementaires de Bururi conduite par le Deuxième Vice-président de l’Assemblée nationale, a visité la coopération de CAFOP au chef-lieu de la province et un domaine d’un agri-éleveur moderne sis à la localité de Muzinge.

 
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