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Assemblée Nationale du Burundi

Le Président de l’Assemblée nationale tient une réunion à l’endroit des leaders de la commune de Mpanda.

 

La planification est un impératif en commune de Mpanda. Ce cri d’alarme a été lancé vendredi 20 mars 2020 par le Président de l’Assemblée nationale, natif du coin, lors de la dernière étape de la série des visites que les Députés de Bubanza ont effectuées dans les cinq communes de leur circonscription. La réunion s’est déroulée dans la salle des reunions de la commune qui s’est avérée trop petite pour contenir les invités. Aussi des tentes ont-elles été dressées à l’entrée.

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Au plateau :
Le Président de l’Assemblée nationale, le Très Honorable Pascal NYABENDA ; à sa droite le Gouverneur de la province de Bubanza, Monsieur Nobus-Térence BUTOYI ; à sa gauche, l’Administrateur communal de Mpanda, Monsieur Frédéric CONGERA.

La commune de Mpanda est en quelque sorte victime de sa position géopolitique « spéciale », a confié le Très Honorable Pascal NYABENDA. A cheval sur les régions naturelles de l’Imbo et des Mirwa, la commune de Mpanda dont le climat favorise d’une part les cultures de riz et du palmier à huile et d’autre part, les cultures vivrières, est aussi située aux environs de la capitale économique de Bujumbura, a-t-il révélé avant de préciser que le commerce y est florissant, en prenant comme témoignage le célèbre marché de Musenyi.

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Vue de profil des participants à l’entrée de la salle de réunions

Néanmoins, a averti le Numéro Deux Burundais, ce panorama enviable cache des zones d’ombre dont les conséquences risquent d’être lourdes si la commune n’y prend pas garde. Certains anciens gouverneurs clairvoyants, s’est-il souvenu, avaient déjà jeté les balises. Le quartier résidentiel de part et de l’autre de la grande route tandis que le reste sera consacré aux cultures, avaient-ils recommandé. Malheureusement, a-t-il regretté, leur prévoyance est tombée à l’eau, les gens construisent en vrac et en désordre à telle enseigne que même les domaines rizicoles ne sont plus épargnés. Par ailleurs, la culture du riz est petit à petit remplacé par le palmier à huile, a encore regretté le Président de la Chambre basse du Parlement burundais qui a conseillé la population à réserver un espace suffisant pour les cultures vivrières. Le palmier à huile ne cohabite pas avec les autres cultures, a-t-il rappelé comme pour les mettre en garde à ne pas se laisser attirer par le lucre quand on sait qu’une palmeraie peut être louée à raison de deux à trois millions par an. Si on n’y prend pas garde, a-t-il averti, la famine risque de s’installer.

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Intervention de l’Honorable Juvénal HAVYARIMANA

Par ailleurs, le caractère « cosmopolite » de la localité de Musenyi serait à l’origine de la dépravation des mœurs, a-t-il poursuivi avant de signaler que les épreuves tangibles se font jour.

La commune de Mpanda est devenue le laboratoire des malfrats, selon les propos de l’Honorable Juvénal HAVYARIMANA qui a partagé l’expérience de triste mémoire des marginaux qui apprennent le métier aux jeunes enfants. Les gens quittent Mpanda pour Ngozi en prenant à bord de leur véhicule des enfants. Arrivés à destination, ils achètent beaucoup de marchandises qu’ils mettent dans un gros carton. Après avoir fait le compte, ils emportent leur carton qu’ils vont vite vider pour mettre à l’intérieur un jeune enfant. Pour tromper la vigilance du commerçant honnête, ils lui retournent le carton et avancent comme prétexte qu’ils ont d’autres courses. Ne se doutant de rien, le commerçant accepte volontiers et conserve le carton dans un coin. L’enfant sort derrière son dos et vide le stock qu’il remet par la fenêtre aux bandits.

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Vue partielle des participants à la réunion

Un autre cas de figure, a rapporté l’Administrateur communal, les femmes quittent les ménages pour la recherche du travail dans les pays arabes. Monsieur Frédéric CONGERA a pointé du doigt l’Oman et l’Arabie Saoudite. A ce propos, le Président de l’Assemblée nationale a informé les participants à cette réunion que des entreprises burundaises vont signer des contrats avec les sociétés des pays arabes. D’une pierre, ils feront deux coups. D’abord, ils vont barrer la route aux commissionnaires Tanzaniens et Kenyans qui embarquent les Burundais en changeant la nationalité de ces derniers, ensuite, ils vont aider les compatriotes à voyager la tête haute sans passer par des méandres. De cette façon, ils vont lutter contre leur maltraitance, a-t-il déduit.

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Le Président du TGI Bubanza, Madame Clarisse KANEZA, défend son institution.

Au moment où l’Honorable Fabien BANCIRYANINO a plaidé pour l’éloignement des décortiqueuses du quartier résidentiel et la transformation du riz paddy sur place, l’Honorable Juvénal HAVYARIMANA a dénoncé le comportement des OPJ qui attrapent la population à tort et à travers la population surtout pendant la moisson du riz. L’Honorable Fabien BANCIRYANINO a crié pour l’abolition des commissionnaires dans le système judiciaire que le Président de l’Assemblée nationale a qualifié de pouls de stabilité d’un pays, histoire de prouver combien la corruption dans ce secteur est nuisible. Un vieillard de 75 ans, a-t-il illustré, au lieu de bénéficier de respect et d’assistance, est plutôt traité de sorcier. Les faux témoins accourent et alertent l’entourage pour chasser sinon tuer sans aucune autre forme de procès le vieillard.

La population n’a pas été servi alors qu’elle a déjà payé l’achat de intrants agricoles du FOMI, a clamé un intervenant.

Le plateau, de commun accord, a reconnu que la superficie exploitée pour le riz s’est avérée plus étendue que la quantité du fumier prévu. A ce même registre, le Président de la Chambre basse du Parlement burundais proposerait que l’entreprise FOMI emboîte le pas à la BRARUDI qui a déjà éparpillé des dépôts à l’intérieur du pays. Les détaillants pour 5 ou 10KG du fumier seraient aussi les bienvenus.



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