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Assemblée Nationale du Burundi

Atelier d’échanges entre l’Assemblée nationale du Burundi et les membres de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR)

 

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Photo de famille :
Les Députés et les membres de la CVR

Entrer en profondeur sur la période d’investigation et intégrer la notion de panser les traumatismes, tels sont les deux aspects de la valeur ajoutée de la CVR du Burundi par rapport à cet organe implanté dans les autres pays, se sont réjouis mercredi 09 octobre 2019 au Best Outlook Hôtel les membres de la CVR lors d’un atelier d’échanges entre l’Assemblée nationale du Burundi et les membres de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) sous le thème général : La problématique de la gestion des mémoires blessées.

« La CVR n’est pas un tribunal », a averti, dans son discours d’ouverture, le Président de l’Assemblée nationale qui a plutôt souhaité que ce mécanisme non judiciaire ait le rôle de médiateur, de réconciliateur et de révélateur de la vérité sur le passé du Burundi. Le Très Honorable Pascal NYABENDA a aussi précisé que la CVR dont la période d’investigation va du 26 février 1885 au 04 décembre 2008 a entre autres missions « des recherches méthodologiques de la vérité sur les graves violations des droits de la personne humaine et des crimes contre l’humanité.

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Le panel :
à droite, le Président de la CVR, l’Ambassadeur Pierre-Claver NDAYICARIYE ; à gauche, le Président de l’Assemblée nationale, le Très Honorable Pascal NYABENDA

Concernant la doléance des Députés d’enterrer les vestiges qu’on découvre ici et là, à un endroit connu dans telle ou telle autre commune, la CVR juge que le moment n’est pas encore arrivé. « A propos des fosses communes, explique la CVR, la loi parle d’enterrement digne qui doit intervenir après la manifestation de la vérité ».

Une opinion a aussi suggéré d’organiser une journée pour se parler de la vérité sur le passé du pays à l’instar de la journée communale. Les Burundais doivent pleurer leurs disparus, a conseillé un Commissaire avant d’expliquer que c’est une sorte de thérapie.

Les Députés ont aussi émis le souhait de voir ériger des monuments au niveau national mais aussi au niveau des provinces et même à l’échelle des communes. Tout en acceptant cette proposition, le Président de la CVR a précisé que ces différents monuments sont appelés des monuments de la mémoire et de la réconciliation. Pour l’Ambassadeur Pierre-Claver NDAYICARIYE, du coup les monuments individuels seront supprimés.

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Un Député lors de son intervention

La vérité sur le passé du Burundi est teintée d’ethnisme, en témoignent les différents écrits des auteurs Burundais. En marge de leurs récits, on déduit facilement leur appartenance ethnique, s’est plaint un intervenant. L’histoire du Burundi est tout simplement manipulée, a complété un autre Député qui craint en outre de la disparition progressive de certains témoins ou présumés auteurs quand on sait qu’en Afrique, un veillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Qu’à cela ne tienne, a tranquillisé la CVR qui a informé qu’elle dispose des livres sur le passé du Burundi écrits dans des langues étrangères comme le danois. Et de solliciter le budget pour la traduction. Par ailleurs, des fois, ces livres transcrivent des témoignages. Par ailleurs, une fois la vérité éclaté au grand jour, d’aucuns souhaitent que l’histoire sur le passé du Burundi soit intégrée dans le programme de l’éducation nationale.

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Vue partielle des Députés pendant l’atelier

En marge de cet atelier, quelques recommandations ont été émises notamment par la CVR qui sollicite un bâtiment vaste pour conserver les vestiges et les archives. La CVR voudrait aussi être dotée des techniques modernes dont le carbone 14 utile pour la datattion des vstiges. Les Députés sont aussi appelés à sensibiliser leur électorat sur les benfaits de demander le pardon mais aussi de pardonner.



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