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Questions orales avec débat à l’endroit du Ministre à la Présidence Chargé des Affaires de la Communauté Est Africaine

Publié vendredi 6 septembre 2019
parChristine Nahimana
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Est-ce que ce n’est pas injuste quelque part que le Burundi cotise à la Communauté Est Africaine le même montant que le Kenya, la Tanzanie ou l’Ouganda ? Cette inquiétude émane d’un Député qui s’adressait jeudi 5 septembre 2019 au Ministre à la Présidence Chargé des questions de la Communauté Est Africaine au cours d’une séance des Questions orales avec débat à son endroit. L’intervenant a fondé son raisonnement sur le fait que le Burundi ne peut être comparé à ces trois pays, ne fût ce qu’au niveau économique. Dans les autres regroupements dont l’APF, on tient compte de ce critère. Pourquoi pas à l’EAC ?, s’est-il indigné.

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Le Bureau de l’Assemblée nationale

C’est un combat de longue haleine, a averti l’Honorable Isabelle NDAHAYO qui a expliqué que la question se trouve actuellement aux mains des ministres en charge des finances des pays membres de la Communauté. Ces derniers sont appelés à trouver une autre alternative, a-t-elle révélé avant de signaler que cette question a déjà suscité des remous. Les pays qui se verront cotiser un montant consistant se targuent déjà d’avoir le dernier mot, a-t-elle regretté. Outre la disproportion en matière économique, a-t-elle complété, l’inégalité s’observe aussi au niveau de l’étendue des pays. Et de déduire que cette situation affecte aussi la qualité des avantages. Si la communauté appuyait pour la construction d’une route, la liaison Makamba- Muyinga au Burundi n’a rien à voir avec la route reliant en Tanzanie Kigoma et Dar-es-Salam, a-t-elle illustré en précisant que chaque pays cotise à hauteur de 8.5millions de dollars par an.

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L’Honorable Isabelle NDAHAYO, Ministre à la Présidence Chargé des Affaires de la Communauté Est Africaine

Les pays de la Communauté Est Africaine se réjouissent de la matérialisation de certains piliers dont le marché commun des capitaux, des services et des personnes. Neanmoins, les faits prouvent le contraire, ont déduit les Députés avec des preuves à l’appui. Le ciment fabriqué en Tanzanie se vend à un prix abordable, autour de 9.000 shillings. Arrivé à Ngara, le prix oscille autour de 12.000 shillings à cause du coût de transport. Mais à Bujumbura, le ciment de Tanzanie s’achète au même prix que celui de BUCECO produit localement et qui connaît d’ailleurs des ruptures de stocks. Le mieux serait alors d’importer le ciment de la Tanzanie qui serait de bonne qualité. D’autre part, les pays de la Communauté devraient se considérer comme frères. Mais lorsque la disette s’installe dans un pays, son voisin, au lieu de voler à son secours, interdit plutôt à ses citoyens de vendre des denrées alimentaires au pays en détresse. Un autre cas de triste mémoire est celui de jeunes Burundais en provenance des provinces de Karusi et Muyinga qui vont en Tanzanie en quête de travail. A leur retour au Burundi, ils sont battus par les Tanzaniens qui les dépouillent même de leurs biens. Au regard de ces constats, les Députés ont conclu que l’intégration régionale se trouve plus dans les textes que dans les cœurs.

Pour l’Envoyée du Gouvernement, le protectionnisme s’impose des fois. Même si le pays est membre de Communauté, il a le devoir de protéger ses produits. Elle a aussi réfuté l’affirmation selon laquelle le ciment de la Tanzanie serait de meilleure qualité que celui de BUCECO. Sinon, a-telle encore nuancé, la cherté du ciment produit chez BUCECO s’explique par le fait que les matières premières sont importées. Concernant les Burundais malmenés en Tanzanie, le mieux serait de les conseiller d’être en ordre. Souvent ils dépassent le délai de séjour, a-t-elle estimé.

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Vue partielle des Députés

Quant à la proposition de donner la latitude aux Burundais d’occuper « provisoirement » certaines terres inexploitées dans certains pays vastes, l’Honorable Isabelle NDAHAYO a avoué que certains pays comme la Tanzanie gardent des réserves.

La RDC a déjà émis son souhait d’adhérer à la Communauté quand on sait que la sécurité là-bas laisse à désirer. Est-ce qu’elle ne va pas « contaminer » cette insécurité à la Communauté ?, ont interrogé les Députés qui se demandent aussi si l’appellation ne va pas changer avec l’adhésion des autres pays comme le Malawi et la Zambie.

Le Ministre à la Présidence Chargé des Affaires de la Communauté Est Africaine trouve plutôt qu’avec l’adhésion de la RDC à la Communauté, ce pays recouvra la paix puisque tous les pays membres feront affront à l’ennemi commun. Quant à l’histoire d’appellation, l’Honorable Isabelle NDAHAYO conseille la patience. « Attendez d’abord l’adhésion, la suite viendra après », a-t-elle tranché.

Sachez que les quatre piliers de la Communauté Est Africaine sont le tarif extérieur commun, le marché commun des capitaux, des services et des personnes, la monnaie unique et la fédération. Selon le recensement de 2009, la population de la Communauté était estimé à 132.000.000, répartie sur une étendue de 1.800.000Km2.

 
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