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Rencontre du Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale avec les femmes de Gisuru

Publié lundi 1er octobre 2018
parChristine Nahimana
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La Loi n˚1/013 du 22 septembre 2016 portant Prévention, Protection des Victimes et Répression des Violences basées sur le Genre est mal interprétée, a constaté une opinion lors d’une réunion que le Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale a tenue samedi 15 septembre 2018 à Gisuru, à l’endroit des femmes de cette commune de la province de Ruyigi.

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le Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale s’adressant aux femmes

L’opinion réagissait en effet à une participante qui avançait que cette loi favorise les hommes dans le sens où elle autorise à ces hommes, qui vivaient en ménages de fait, de contracter le mariage avec les femmes de leur choix. Les hommes sautent alors sur cette occasion leur offerte en épousant une jeune fille.

C’est, a protesté l’opinion, interpréter mal la loi qui bloque plutôt les hommes dans leurs manœuvres. La loi considère le ménage de fait comme une association à deux personnes. Quand l’association se dissout, les membres procèdent au partage équitable. C’est ce qui se passe dans ce cas-là. Mais les enfants issus de cette union ont droit aussi à leurs parts. Démuni, l’homme se trouve alors contraint d’épouser la femme avec qui il vivait en ménage de fait, a-t-elle démontré en invitant l’assemblée présente à encourager celles qui seraient lésées à dénoncer leur situation devant les autorités administratives.

Frontalière avec la Tanzanie, la commune de Gisuru a sa particularité. Les maris, ont révélé ces femmes, séjournent dans ce pays à la recherche du travail en laissant derrière eux leurs épouses. Après un x temps, le mari rentre chez lui avec une Tanzanienne qu’il a épousée, elle aussi devant la loi. Que devient la femme qui a gardé la maison dans ce cas d’espèce ?, ont-elles encore interrogé.

C’est impossible, a réfuté l’opinion. Il n’existe pas deux mariages légaux. Seule, a-t-elle tranché, la femme qui a gardé le ménage en l’absence de son mari jouit de ses droits.

Toujours au sujet de ces maris qui élisent domicile en Tanzanie en délaissant leur famille à Gisuru, des fois ils retournent au bercail après avoir attrapé le virus du sida. La femme, qui est restée dans son coin à Gisuru, s’éloigne alors de son mari. C’est le début des bagarres. Dans ce cas, a conseillé l’Honorable Jocky Chantal NKURUNZIZA, il faut approcher les services habilités, les unités de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

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Vue partielle des femmes qui ont participé à la réunion

Un élève qui échoue a droit au redoublement, a rappelé une participante qui s’étonne des innovations consécutives à l’implantation des écoles fondamentales et post-fondamentales. Quel sera le sort de ces enfants abandonnés à eux-mêmes après la post-fondamentale, alors qu’ils sont encore jeunes pour voler de leurs propres ailes ? Les filles de Gisuru, après la 8ème année déjà, s’empressent en Tanzanie où elles se font embaucher comme servantes dans les bars. Vite, elles s’adonnent à la prostitution. Le Gouvernement ne peut-il pas repêcher nos enfants ?, ont-elles sollicité.

Après avoir passé le concours de la 9ème année, croit savoir le Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale, ceux qui ont raté l’épreuve mais qui ont réussi la matière tout le long de l’année, sont orientés dans les écoles de métiers. L’Honorable Jocky Chantal NKURUNZIZA a insisté sur l’importance de ce genre d’écoles dans un pays en expansion comme le Burundi. La restauration, la soudure, le décor, la couture, la menuiserie, a-t-elle énuméré, sont entre autres des métiers utiles aux jeunes. Au lieu de traverser la frontière vers la Tanzanie ou de passer le temps dans l’inactivité aux « ligala », le mieux est de les fréquenter, a-t-elle conseillé.

La rupture de stocks de certains médicaments constitue une tâche d’huile à la mesure de gratuité de soins aux enfants et aux femmes enceintes, a confié un intervenant. Ce qui est encore plus fâcheux, c’est que ce sont les agents de santé qui endossent ce manquement et pour cause ! Ils recommandent aux populations de s’acheter certains médicaments dans les pharmacies privées. Elles grincent alors les dents contre ces agents de santé qu’elles soupçonnent de détourner les médicaments. Or, les districts sanitaires disposent d’un plafond qu’ils ne peuvent pas dépasser lors de l’approvisionnement en médicaments.

Le manque d’eau potable est un casse-tête qui peut dégénérer en facteur d’insécurité à Gisuru. Les femmes pensent des heures et des heures à la recherche de l’eau, ce qui peut susciter un sentiment de suspicion chez leurs maris.

L’être humain côtoie les problèmes dans la vie quotidienne. L’essentiel, a renchéri le Deuxième Vice-Président de l’Assemblée Nationale, est que les femmes s’impliquent en proposant des voies de sortie.

La campagne d’élire et de se faire élire reste valable aux femmes qui invitent à leur tour leurs consœurs fonctionnaires à briguer les postes de chefs collinaires.

 
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