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La commission en charge de la justice évalue la mise en application de la mesure de grâce présidentielle dans les provinces du Nord.

Publié vendredi 3 mars 2017
parArlette Akimana
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Entretien avec les prisonniers

En dates du 26 au 1er Février 2017, la commission permanente de la justice et des Droits de l’Homme a effectué une descente dans toutes les provinces du pays, pour évaluer la mise en application du décret portant mesure de grâce présidentielle de 2017, pour certaines catégories de prisonniers.

Dans les provinces du Nord du pays, le groupe de Députés a rencontré les administratifs, les commissaires provinciaux, les procureurs de la République, les directeurs de prison, et a aussi visité les prisons de Muyinga et Ngozi, côté hommes et femmes.

En général, la mesure a été appliquée par la commission en charge de la mise en application de ca décret, à Muyinga, 129 prisonniers ont été libérés tandis qu’à Ngozi, 465 prisonniers de la prison des hommes ont été libéré et 72 ont bénéficié de la remise partielle de leurs peine, à la prison des femmes, 23 ont été libérées avec 8 enfants.

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Etretien avec le Gouverneur de la province Ngozi

Côté administration, les gouverneurs de province disent que les détenus qui ont été libérés ont été bien accueillis dans leurs localités, la population ayant été conscientisée à les bien les accueillir, surtout pendant les réunions de sécurité. Mais les réticences de la population ne manquent pas dans certaines localités, de peur que ces détenus libérés ne commettent pas les mêmes forfaits. A ce propos, des cas de récidive ont été signalés, à Muyinga, il y en a qui sont déjà revenus en prison pour les mêmes infractions, il y a un autre qui a été tué pris en flagrant délit de vol. A Ngozi, il y a eu aussi des cas de récidivistes qui sont retournés en prison quelques jours après leur libération, pour vol qualifié et commerce de boissons prohibées.

Pour les directeurs de prison, la mesure de grâce présidentielle a permis de désengorger les prisons. Mais ils se sont inquiétés des ces cas de récidive quelques jours seulement après leur libération. Ils disent qu’ils ont organisé des séances d’encadrement, pour leur donner des notions de bonne conduite quand ils arriveront sur leurs collines. Selon toujours ces directeurs de prison, ces prisonniers ont été libérés pendant une période de disette sur les collines, d’où il fallait leur donner un paquet retour, composé de vivres, pour leur permettre de vivre pendant une certaine période, comme on fait pour les réfugiés qui rentrent au pays.

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Prison des femmes Ngozi

Le groupe de Députés a aussi rencontré quelques prisonniers qui n’ont pas bénéficié de cette mesure de grâce. Ils disent qu’ils ont bien accueilli la mesure mais auraient souhaité qu’elle soit plus large pour les autres peines aussi, pour pouvoir eux aussi sortir de prison. Idée partagée aussi par les Directeurs de prison, qui disent que même si la mesure a permis de désengorger les prisons, ce n’est pas en nombre suffisant, par exemple à la prison de Ngozi, après la mise en application de la mesure, le nombre de prisonniers qui sont restés est de 1105 pour une capacité d’accueil de 400 prisonniers.

Pour ceux qui grognent qu’ils auraient fait parti du nombre de détenus libérés, les directions de prisons leur ont demandé d’écrire des lettres de recours adressés à la commission chargée de mettre en application la mesure.

Aux commissariats de police, ils disent qu’il n’ya pas d’impact sécuritaire visible après la mise en application de la mesure, sauf les quelques cas de récidivistes pour vol qualifié et commercialisation de boissons prohibées, mais demandent que les récidivistes ne bénéficient plus de cette grâce présidentielle.

Les procureurs de la République dans ces provinces, eux, disent qu’ils n’ont pas été associés lors de la mise en application de cette mesure mais qu’ils ont seulement été informés. Ils demandent néanmoins qu’il y ait des séances d’encadrement avant de laisser rentrer ces prisonniers puisqu’il y en a qui arrivent sur les collines et commettent les mêmes infractions. Ils demandent aussi qu’il y ait des séances préparatoires pour les victimes pour bien accueillir ces prisonniers.

 
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